Patricia Benchenna Fondation Schneider Electric
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Libérer les énergies citoyennes dans l’entreprise

Rencontre avec Patricia Benchenna, Directrice de la Fondation  Schneider Electric

Depuis sa création en 1998, la Fondation Schneider Electric place l’engagement de ses collaborateurs au cœur de sa mission. Les opportunités d’engagement permettent aux collaborateurs de Schneider Electric de s’impliquer dans des causes qui leur importent. En 2020, la Fondation Schneider Electric a soutenu plus de 100 projets, accompagné plus de 36 000 jeunes et permis à ses salariés de mener 7048 jours de bénévolat. Patricia Benchenna, Directrice de la Fondation Schneider Electric, nous explique pourquoi il est plus que jamais important, pour une entreprise, d’engager ses collaborateurs.

Schneider Electric mène depuis longtemps des actions pour l’engagement de ses collaborateurs, pouvez-vous nous en rappeler les principales étapes ?

Schneider Electric a mis en place, dès le début des années 2000, un programme international très fédérateur, connu sous le nom de Luli, permettant aux salariés de s’impliquer, une semaine par an, dans toutes sortes d’initiatives citoyennes centrées sur l’insertion des jeunes. L’association Schneider Electric Teachers, rebaptisée depuis Schneider Electric VolunteerIn, a été créée en 2012 afin de structurer l’engagement des collaborateurs. Cela a mobilisé de nombreuses fonctions techniques et supports, comme la communication, les RH, la finance, etc. Aujourd’hui, une centaine de délégués dans 80 pays ont une feuille de mission très claire pour permettre à nos collaborateurs de s’engager en toute confiance.

Combien de salariés cela représente t-il ?

Entre 2018 et 2020, 35 000 collaborateurs ont pu soutenir des associations, ce qui représente 18 469 journées. Depuis 2 ans, il est possible pour les salariés de dédier 3 jours par an sur le temps de travail pour soutenir les actions de la Fondation. En France, en parallèle, le dispositif Pass Associations permet un investissement de plus long terme en libérant les collaborateurs auprès d’associations partenaires pendant un an, renouvelable une fois. Une quarantaine de personnes rejoignent ce dispositif chaque année.

Pouvez-vous nous décrire plus en détail le programme Schneider Electric VolunteerIn ?

VolunteerIn est le programme d’engagement des collaborateurs de Schneider Electric qui les encourage à être les acteurs et les ambassadeurs de nos engagements sociétaux dans l’éducation. Son objectif est de libérer les énergies citoyennes dans toute l’entreprise. Grâce à VolunteerIn, les collaborateurs de Schneider ont un impact positif où qu’ils soient, en redonnant aux communautés et aux sociétés ce qu’elles leur ont apporté. Depuis 2012, la plateforme globale VolunteerIn rallie les collaborateurs à travers des actions caritatives qui correspondent à leurs aspirations et à leurs compétences. Aujourd’hui, 13 500 collaborateurs y sont inscrits.

Vous participez également à l’opération Giving Tuesday

En effet, pour la troisième année consécutive, dans le cadre de Giving Tuesday, la Fondation a lancé en 2019 un appel à projets international via sa plateforme pour soutenir des associations dans lesquelles ses collaborateurs sont engagés. Baptisé « Cœur à Cœur », cette initiative leur donne la possibilité de mettre en avant une association dans laquelle ils sont impliqués et de recueillir des votes pour remporter un soutien supplémentaire. En 2020, elle a apporté de la visibilité et de l’aide à des structures associatives dans 24 pays et dans chacun des continents.

Comment s’est déroulé pour vous le confinement ?

Comme pour toutes les autres fondations et entreprises, il a fallu s’adapter. La plupart des collaborateurs ont ainsi télétravaillé et développé des missions à distance (coaching, traduction, etc.). Il était primordial de maintenir le lien avec les jeunes. Pour ce faire, nous avons mis en place un fonds dédié. Appelé Tomorrow Rising Fund, il est alimenté par les collaborateurs, de l’ensemble des salariés au Comex en passant par les managers.

Quels sont les 3 piliers de ce programme ?

Le premier, Response, avec la mobilisation qu’il a suscité, a permis de soutenir 64 projets dans tous les pays touchés par la pandémie, en allant de la collecte de vêtements à celle de biens alimentaires. Les dons collectés se sont adressés aux personnes les plus vulnérables, aux sans-abri et aux familles luttant contre la pauvreté, vivant à proximité des sites Schneider Electric.

Le deuxième, Recovery, permet de maintenir les jeunes dans le système éducatif en leur apportant, par exemple, à la fois les équipements informatiques nécessaires et un accompagnement quotidien à distance.

Enfin, le troisième, Resilience, propose à nos collaborateurs de s’impliquer dans du mentorat en faveur des jeunes, un sujet de plus en plus d’actualité.

Le confinement n’a donc pas eu d’impact négatif sur vos actions ?

Non, le nombre de missions est resté stable en 2020, ce qui est encourageant pour la suite. Mais nous avons dû revisiter nos modalités d’engagement car aucune mission physique n’était possible. Nous avons donc proposé des missions à distance qui perdureront jusqu’à ce que la situation revienne à la normale. Nous avions un objectif de 15 000 jours de missions de volontariat en trois ans. Fin décembre dernier, nous en avons comptabilisé plus de 18 000, un chiffre supérieur aux prévisions donc. Le nouvel objectif fixé pour 2025 est de 50 000 jours. Notre budget consolidé a lui aussi connu une légère augmentation puisqu’il est passé de 19 à 20 millions d’euros par an à 21 millions en 2020.

Comment évaluer l’impact de ce type de programmes d’engagement ?

Il s’agit d’un levier important pour l’entreprise. Le collaborateur y trouve du sens, s’y développe et grandit. Il ressort inévitablement enrichi de cette expérience car il découvre très souvent de nouveaux modes d’organisation. On ne le dit pas assez, les associations et les entreprises collaborent entre elles et bénéficient les unes des autres. Il est cependant très important de choisir les bons candidats pour répondre au besoin de l’association et c’est pourquoi nous élaborons, comme n’importe quel autre recrutement, une fiche de mission sur la base des attentes des associations. Ces dernières valident ensuite les candidats. Enfin, si le collaborateur est détaché, il reste lié à son équipe, son manager, et réalise comme ses collègues un bilan annuel.

Que donneriez-vous comme conseils aux entreprises qui souhaiteraient mettre en place un tel programme ?

Je leur dirais qu’il y a de moins en moins de frontières entre l’entreprise et la vie. Quand je vois des collaborateurs revenir de leur mission « avec la banane » je comprends que cela leur a redonné de l’énergie. Cette nouvelle réalité les fait réfléchir. Pour les jeunes, de telles initiatives sont importantes : c’est un critère de choix pour nous rejoindre ou non.


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