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pascale.strubel

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Crowdfunding et crowdsourcing : le mécénat 2.0 ?

Le crowdfunding et le crowdsourcing ont en commun le préfixe « crowd » qui signifie « foule » mais pas seulement. Ils sont tout simplement complémentaires et seront de plus en plus indissociables car répondant à une même philosophie, celle de l’engagement collaboratif de la « foule ». Ce phénomène, qui s’est fortement développé avec l’apparition de plateformes dédiées, reste un marqueur important d’une économie en délicatesse vis-à-vis de projets innovants et/ou perçus comme non rentables.

Le crowdfunding, contrairement à des idées reçues un peu réductrices, ne se limite pas à l’appel financier du grand public. Certes, ce dernier contribue financièrement à un projet, souvent sous forme de « dons », mais il le fait de manière désintéressée, devenant ainsi un « mécène des temps modernes» en quelque sorte. En effet, l’attrait n’est pas le gain en retour puisque la plupart du temps les contreparties sont symboliques : un sourire, son nom mentionné sur un document ou sur le site, une carte postale… Bref, ce n’est pas cela qui compte mais bien la participation à un projet, voire à une communauté, qui permettra que le projet aboutisse un jour.

« Le financement de projets solidaires ne faiblit pas »

Interrogée, Hortense Garand, co-fondatrice de Babeldoor, acteur historique de la finance participative en France, confirme cet engouement : « nous avons créé Babeldoor en 2010 alors que la législation sur ce type de financement n’existait pas encore. Babeldoor est une plateforme participative d’entraide et de financement solidaire mixant crowdfunding et crowdsourcing. Elle fête cette année son septième anniversaire. Notre site permet de mobiliser des fonds ou des compétences pour réaliser des projets solidaires, engagés, culturels, ayant une utilité sociale avérée. Il s’adresse principalement aux associations, volontaires, bénévoles, et permet à tout un chacun de participer à la réalisation de projets qui ont du sens. Après sept années d’existence nous sentons bien que l’engagement des citoyens pour le financement de projets solidaires ne faiblit pas. »

Le financement participatif est donc devenu, pour beaucoup de structures, quels que soient leurs domaines d’intervention, une nouvelle source de financement, altruiste et très éloignée des dures réalités bancaires. Pourtant, si le phénomène du crowdfunding a permis l’émergence de nouveaux artistes (dans le domaine de la chanson notamment), il prend aujourd’hui de plus en plus de nouvelles formes, comme le « crowdlending » (financement participatif par prêts) par exemple, sur lequel nous reviendrons dans un autre article, ou encore le « crowdequity » (financement participatif par actions).

Du crowdsourcing à l’ « open innovation » il n’y a qu’un pas…

Concernant le crowdsourcing le principe est le même au détail près que ce ne sont plus des fonds qui sont récoltés mais les idées ou les compétences des participants, contribuant ainsi à enrichir un projet afin qu’il puisse prendre vie. De grands groupes français, dans le transport public notamment, ont très récemment lancé des « appels à idées » pour imaginer de nouveaux services. D’autres ont sollicité leurs clients pour résoudre des problèmes, et d’autres encore ont mis en place des programmes « d’open innovation » (innovation ouverte) pour contribuer au développement de leur programme de « recherche et développement » : une sorte « d’outsourcing » (externalisation) en quelque sorte…

Autant d’initiatives qui sollicitent la foule pour réintégrer celle-ci dans la production de biens et/ou de services de laquelle elle a été écartée avec l’arrivée des processus d’industrialisation et de standardisation au cours de la moitié du XIXe siècle. Un juste retour des choses…

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